Pourquoi migrer — et pourquoi c'est le coût qui décide
Shopify est un excellent produit, mais son modèle — abonnement, commissions, apps facturées à l'unité — pèse de plus en plus lourd à mesure que le CA grandit. Sur les boutiques qu'on opère, la bascule vers Prestashop a divisé le coût de plateforme par trois à cinq, à périmètre fonctionnel égal.
La vraie question n'est donc pas « faut-il migrer » mais « que risque-t-on à migrer ». Et le premier risque, de très loin, c'est le SEO : sur les secteurs où la pub est contrainte, l'organique représente l'essentiel de l'acquisition. Perdre ses positions, c'est perdre son CA.
L'inventaire avant tout
Avant d'écrire une ligne de code, on cartographie tout ce que Google connaît de la boutique : URLs indexées, pages qui rankent, backlinks entrants, données structurées. Cet inventaire devient le contrat de la migration — chaque URL devra avoir une destination, et les pages qui génèrent du trafic ne changent pas de contenu.
C'est aussi le moment de trier : les pages mortes, les doublons, les collections vides. Une migration est la seule occasion de nettoyer sans coût SEO supplémentaire, puisque tout passe de toute façon par un plan de redirection.
Redirections au cordeau, recette obsessionnelle
Le plan de redirection se fait URL par URL, en 301, sans chaîne (A→B→C interdit) et sans détour par des pages génériques. Les structures d'URL Shopify (/products/, /collections/) et Prestashop diffèrent : chaque motif est mappé, testé, puis vérifié sur l'intégralité de l'inventaire — pas sur un échantillon.
La recette se joue en préproduction avec un crawler : on compare titres, meta, canonicals, maillage interne et données structurées entre l'ancien et le nouveau site. Tant que le diff n'est pas propre, on ne bascule pas.
Le jour J, et les semaines d'après
La bascule se fait en heures creuses, DNS préparé, ancienne plateforme gardée en lecture pour vérification. Search Console est prévenue (changement d'adresse si le domaine bouge), les sitemaps soumis immédiatement, et la veille de positions passe en fréquence quotidienne.
Résultat sur les migrations qu'on a menées, y compris de Shopify vers Prestashop : zéro jour de fermeture, positions conservées, et un CA qui n'a pas marqué le pas. La méthode est exigeante, mais elle est reproductible — c'est exactement ce qu'on audite gratuitement avant tout projet.